LA CHRONIQUE DE ANNE

LES JEUX DE HASARD ET D’ARGENT
LA LUTTE ET LA PRÉVENTION CONTRE LE JEU PATHOLOGIQUE

No. 4 ACCUEIL: CHRONIQUE DE ANNE


Veuillez noter que les réponses à mes chroniques hebdomadaires me conduisent à rédiger mes chroniques ultérieures en fonction des confidences que je reçois. Or, il peut m’arriver à l’occasion de reporter l’évolution et ou le suivi d’une chronique à la semaine suivante.

Suite à ma dernière chronique portant sur les trois phases de la maladie du jeu pathologique, j’ai reçu des confidences de joueurs en état de panique. Certains m’ont demandé de ne pas les publier. Répondre à un joueur en état de panique n’est pas un exercice facile surtout quand le désespoir le conduit à espérer ou à croire en une recette miracle. Hélas, il n’y a pas de vaccin contre le virus du jeu, il n’existe pas de solution miracle et l’on ne se débarrasse pas d’une dépendance au jeu en criant lapin ! Au même titre que l’alcool, la drogue, la toxicomanie et autres dépendances, le jeu pathologique est une malade incurable mais traitable. N’allez pas croire que vous pouvez vous en sortir seul, sans aide. Vous vous leurrez, croyez-moi.

Si, au moment même où vous lisez ce billet, vous êtes aux prises avec un problème de jeu, je vous recommande de cesser de vous en préoccuper et de vous en occuper. Vous n’êtes pas seul, il y a de l’aide. La première chose à faire est de briser votre silence et votre isolement.

À partir du moment où vous réalisez que vous souffrez de dépendance, vous devenez responsable de votre rétablissement et vous devez y investir toutes vos énergies. Seulement VOUS pouvez VOUS responsabiliser! Ce n’est pas facile, j’en conviens, et personne ne peut faire les démarches pour vous. Pour une première fois depuis longtemps sûrement, vous allez devoir affronter vos peurs et faire face aux conséquences de vos gestes. L’inconnu nous effraie tous alors que très souvent il détient les clés de notre guérison. Il s’agit de faire l’effort de dédramatiser la situation avec la ferme conviction que, tous et chacun d’entre nous possédons le pouvoir de changer les choses que nous voulons changer pour notre bien-être et qu’il n’y a aucune honte à demander de l’aide.

Cesser sa ou ses dépendances implique du sérieux et une rigoureuse vérité. Cesser sa dépendance c’est faire face au vide intérieur qui crée notre malaise et qui nous empêche de lâcher prise. Cesser sa dépendance c’est devenir adulte psychologiquement en se penchant sur l’enfant en nous qui est encore géré par l’hédonisme, l’enfant en nous qui n’a pas la notion de l’espace et du temps. Plus l’enfant en nous a appris à tolérer la souffrance, plus il lui est difficile de croire au bonheur. Cesser sa dépendance consiste à apaiser l’enfant en nous, à le consoler et à l’intégrer à notre moi adulte. Plus nous nous ancrons dans notre dépendance, plus notre rétablissement devient complexe et ardu au point de ne même plus vouloir se rétablir ce qui conduit inévitablement au suicide. Alors pourquoi ne pas lâcher prise dès aujourd’hui? Et d’autant plus lorsque vous savez qu’il y a de l’aide à votre portée immédiate?

Cesser sa dépendance permet de retrouver ses besoins et ses valeurs fondamentales car nous sommes tous, sans exception, des êtres de besoins et de valeurs. Nous avons besoin d’équilibre, de sécurité et d’appartenance. Cesser sa dépendance c’est revivre pour mieux vivre. Demeurer dans sa dépendance, c’est choisir le néant, les ténèbres absolus!

Vous avez besoin d’aide ? Demandez et vous recevrez.

Affection, Anne

27 mai, 2003 18:11

Bonjour Anne,je suis désespérée, j'espère que tu pourras m'aider ,je viens de divorcer d'avec mon mari et l'argent qu'il m'a donné sert juste au jeux je suis chez ma fille et je ne veux pas briser cette relation que j'ai avec elle a cause du jeux.je suis divorcé a cause du jeux compulsif je ne voulais pas mettre mon mari dans la marde. Mais c'est moi qui est entrain de me mettre dans la marde au secours, j'ai besoin d'aide.c'est plus fort que moi.il faut que je joue et tu sais que ça ne sert a rien en fait. Je gagne une journée et le lendemain tout est a recommencer.je suis aller voir un psychanalyste déjà et ça m'a fait beaucoup de bien depuis ce temps je me sent moins coupable de jouer mais cela n'a pas réglé mon problème pour autant, il ne faut plus que j'aille jouer si tu as un remède que je ne connais pas et certainement que je ne le connais pas je t'en prie dis le moi. UNE âme en peine !

Blanche

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RÉPONSE DE ANNE

Chère Blanche,

Le seul remède pour cesser de jouer est ta ferme volonté de t'en sortir. Tu es dans la phase du désespoir, tu réalises tes pertes et la situation périlleuse dans laquelle tu te trouves aujourd'hui à cause de ta dépendance au jeu. Tu dis que le jeu c'est plus fort que toi. Moi je te dis que tu es plus forte le jeu. Cesses de voir le jeu comme la solution à tes problèmes. Le jeu est la source de tous tes problèmes. Il n'y a pas de solution miracle, il n'y a pas de vaccin, il n'y a pas de remède. Mais il y a de l'aide et tu dois demander de l'aide immédiatement.

N'attends plus, va chercher de l’aide. Tu peux appeler tout de suite l'As de Coeur à Longueuil (un centre privé sans but lucratif) au numéro suivant : (450) 442-9566. Si c'est le répondeur, laisses un message et spécifies l'urgence qu'on te rappelle dans les meilleurs délais. Il existe aussi d’autres centres de traitements, plusieurs sont publics (gratuits) et certains offrent même des services de fidéicommis (gère ton argent pour un certain temps). Tu peux obtenir une liste de ces ressources en téléphonant au 1 866 SOS-JEUX ou en consultant la rubrique « OU TROUVER DE L'AIDE » du site (www.jeu-compulsif.info). Tu as besoin de thérapie et de suivi. N'essaies plus de t'en sortir seule, demandes de l'aide. Tu es entre très bonnes mains là où je te réfère. À toi d'agir maintenant. Si je peux t'aider davantage, écris-moi encore !

Je pense à toi, bon courage.

Affection, Anne

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