LA CHRONIQUE DE ANNE

LES JEUX DE HASARD ET D’ARGENT
LA LUTTE ET LA PRÉVENTION CONTRE LE JEU PATHOLOGIQUE

No. 9 ACCUEIL: CHRONIQUE DE ANNE

DANS LA TÊTE D’UN JOUEUR

Le déni

Personnellement, je crois que le trait de caractère le plus culminant chez le joueur compulsif est le déni, ce refus profond de reconnaître son impuissance devant sa dépendance au jeu. Plus le déni est accentué chez le joueur compulsif, plus son estime de lui-même est anéantie. Mêlé à ses sentiments de honte et de culpabilité, le joueur finit par vivre un sentiment de nullité tellement intense qu’il perpétue son comportement destructif au jeu sans se soucier des conséquences sur sa vie ni celle de ses proches. Le respect de soi et des autres ne fait plus partie de ses valeurs. Plus il joue, plus il se déconnecte de sa réalité et plus il devient convaincu que le jeu est la seule solution à tous ses problèmes. Dans cet engrenage infernal, il perd son identité.

Le joueur compulsif a un langage verbal et corporel bien particulier. Il porte plusieurs masques sous lesquels il camoufle tous les sentiments inhérents aux résultats de ses stratégies de jeu, bonnes ou mauvaises, mais la plupart du temps mauvaises. Comme le jeu mène toute sa vie, il s’agit simplement de prêter une oreille attentive et d’observer ses nombreux comportements pour déceler les signes précurseurs du grand malaise qui l’habite. Souvenez-vous que le joueur compulsif est assujetti à une pression excessive qui finira par faire éclater la vérité au grand jour ! C’est ce qu’il craint plus que tout ! La peur d’être découvert, jugé et condamné !

Pour élucider ce qui précède en terme de vécu, voici un exemple concret d’une personne qui vit dans le déni.

Dimanche dernier, lors d’une conversation entre membres de la famille et ami(e)s, une personne se retourne vers moi et me dit : En tout cas, moi, si un jour je deviens joueur compulsif, je ne me ferai pas soigner.

Connaissant l’état d’âme et les mécanismes de défense d’un joueur compulsif comme je les connais, j’ai accueilli son commentaire comme suit : J’ai un problème de jeu, je n’aime pas me retrouver en présence de gens qui me confrontent à ma réalité et qui discutent ouvertement de ma dépendance. Ils ne savent de quoi ils parlent et ils ne comprennent pas que moi, je ne peux concevoir ma vie sans le jeu. Je ne laisserai personne m’en priver. De toute façon, mon problème n’est pas si grave et je suis capable de m’en sortir seul. Je n’ai pas besoin de qui que ce soit pour me dicter une ligne de conduite. Fin de la discussion!

Une bien courte phrase qui en dit si long sur l’état d’âme de cette personne et le niveau de stress qu’elle atteint lorsque confrontée à la réalité. Une bien courte phrase qui me dit également : Je suis dans la phase du désespoir, au secours ! Je ne sais plus comment m’en sortir. J’ai perdu toute estime de moi, je ne vaux même pas la peine d’être soigné. Je me déteste, je n’ai plus confiance en moi ni personne ! Je ne veux pas que les gens sachent ce que je suis devenu à travers ma dépendance au jeu. J’ai trop honte. J’ai trop peur du jugement des autres et de l’abandon.

Quand un joueur compulsif vit cet état de déni intense, il n’y a rien à faire. Il est impossible d’aider une personne qui ne veut pas s’aider elle-même. Malheureusement, il faut attendre qu’elle vienne vers nous et qu’elle nous demande de l’aide.

Il n’est pas nécessaire d’avoir été soi-même aux prises avec une dépendance au jeu pour reconnaître les signes de cette dépendance chez ceux et celles qui en sont affectés. Il s’agit d’écouter attentivement quand on doute qu’une personne dans notre entourage est victime du jeu pathologique et de se renseigner pour la diriger vers les ressources appropriées.

Vivez-vous dans le déni face à votre dépendance ? Connaissez-vous quelqu’un qui vit dans le déni ? Il y a de l’aide. Demandez et vous recevrez ! Frappez et on vous ouvrira !

Merci de me lire.
Affection, Anne
 

VEUILLEZ PRENDRE NOTE QUE LES MISES À JOURS DE CETTE CHRONIQUE ONT LIEU UNE FOIS SEMAINE


ACCUEIL: CHRONIQUE DE ANNE