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Pourquoi une personne joue-t-elle de façon compulsive ?

JEU AIDE ET RÉFÉRENCE

Il n'existe pas de cause universelle et unique expliquant le comportement de jeu compulsif. Chaque joueur et chaque joueuse a ses raisons d'accrocher à ce type de dépendance. Mais toujours, la personne essaie de fuir ou d'exprimer un besoin ou un malaise intérieur.

Certains joueront parce qu'ils ressentent la nécessité de succès spectaculaires. Cela résulte du besoin tout à fait normal et légitime qu'ils ont de démontrer leur valeur et d'obtenir l'approbation des autres. Cependant ils auront appris, souvent dans leur famille, qu'on est aimé et estimé des autres pour ce que l'on fait, pour nos succès, plutôt que pour ce que l'on est. De plus, parmi ceux qui ont appris qu'il est nécessaire de performer (avoir du succès matériel) pour avoir l'attention et être reconnu, la persévérance, qui est souvent une valeur importante dans ces familles, peut venir soutenir le comportement de " chasing " (revenir jouer sans cesse dans le but de regagner l'argent perdu).

D'autres expriment, par le comportement de jeu compulsif, de la colère et de la rébellion. Ceci est basé sur l'assomption que le jeu est un comportement qui sera perçu par la famille et les autres comme déviant et dérangeant. Plusieurs sont en quête d'une libération d'un état de dépendance émotive par la recherche d'une activité qu'ils peuvent contrôler. Cela en prenant appuie sur le lien qu'ils ont établi entre indépendance financière et indépendance émotive. Aussi, bon nombre de joueurs et joueuses cherchent l'acceptation sociale, puisque autours d'une table de jeux, tous sont égaux."Si vous avez l'argent, vous êtes accepté".

De nombreuse personnes qui ont un problème avec le jeu compulsif, jouent dans le but de fuir des émotions douloureuses intolérables. Par exemple, les joueurs dépressifs peuvent ressentir un regain d'énergie ou une libération d'endorphine en jouant. Ensuite, le jeu demande de l'attention, ce qui a pour effet de distraire l'individu de ses problèmes. De plus, les activités à hauts risques comme le jeu, de par les sentiments d'excitation qu'elles procurent, combattent le sentiment de vide et de mort. En outre, pour les personnes souffrant de trouble d'hyperactivité le jeu, comme la cocaïne ou les amphétamines, a comme effet de les ralentir. Enfin, le jeu peut aussi être pratiqué afin de prolonger la phase " maniaque " d'une maniaco-dépression. (CT)

La programmation de la machine à sous ?

Une des cause récemment avancé  pour expliquer le taux astromiquement élevé de personnes aux prises avec un problème de dépendance aux appareils électroniques de jeux (loterie-vidéo; machines à sous, bandit-manchot, etc) serait du à la programmation de ses appareils qui utilisent ceraines failles du processus cognitif (une peu comme la publicité subliminale - interdite) pour «capturer» toutes personnes à risque de déveloper une dépendance au jeu (gambling).

Cette distorsion cognitive que les ALV induisent chez les joueurs serait due à plusieurs éléments. Le premier serait le résultat d’une habile combinaison entre la fréquence relativement élevée de lots et les montants de ceux-ci (petits lots versus lots significatifs). L’actuel taux de retour est de 92% et le taux d’encaissement de +/-78%. Si on l’augmentait à 93%, le taux d'encaissement risquerait de devenir nettement inférieur à 75%.

C'est le taux maximum que les casinotier ont trouvé pour leur assure un.... maximum de rentabilité. Ils aimeraient, bien semble t'il, offrir un taux de retour plus important car plus ce taux est élevé plus le taux d'encaissement est bas (l'argent qui retourne dans les poches des joueurs). Le taux de retour serait un des éléments les plus importants dans leur stratégie pour développer l'addiction chez les personnes à risques. Un seul % de plus du taux de retours pourrait amener un abaissement du taux d'encaissement sous les 75%... Donc plus de profits pour les casinotiers! Mais le risque est de voir le taux de joueurs dépendants augmenter à un niveau dangereusement critique. De plus les joueurs risqueraient de ne plus vouloir quitter leu machine… La plupart des pays limitent les risques associés à ces jeux en limitant leur accès à des casinos... Mais certains pays où règne un certain capitaliste sauvage en matière de gestion et de contrôle de l’industrie du gambling, tel le Canada et le Québec (en particulier) ont au contraire rendu ces «jeux» beaucoup trop accessibles. Cette grande disponibilitée des appareils électroniques de jeux a provoqué une grave crise socio sanitaire puisque le taux de prévalence des joueurs dépendant de ces machines est beaucoup trop élevé... Sur les 8% de la population qui joue à ces «jeux», près d’un joueur régulier sur deux éprouve un problème de dépendance. Un taux qui représente 90% de l’ensemble des joueurs compulsifs recensés!

Il y a un équilibre à maintenir pour les casinotiers entre le taux de retour général, la fréquence des petits lots versus les lots significatifs... et ce, en fonction d'un taux d'encaissement qui doit être, évidemment le plus bas possible! C'est un équilibre fragile... et le taux de retour de 92% semble faite consensus au sein de l'industrie.

Les cigarettiers ont sensiblement fait la même chose lorsqu'ils ont développé du tabac avec un taux plus élevé de nicotine... Ils devaient augmenter la nicotine afin de rendre les gens plus dépendants de leur produit et ainsi maximiser leur profit, mais pas trop puisque que les fumeurs devaient tout de même être en mesure de fonctionner un certain temps sans fumer...

Pour en savoir plus sur ce sujet nous vous invitons à consulter la rubrique «Machines à sous» ou encore à télécharger la volumineuse recherche du docteur Jean Leblond (Ph.D psychologie) Évaluation de la dangerosité des appareils de loterie vidéo qui est disponible sous la rubrique «Recours collectif».
 

Une dépendance physique ?

Des recherches récentes tendent à démontrer ce que de nombreux cliniciens  avaient déjà observé, à savoir qu'il se développe chez certains joueurs une véritable dépendance physiologique au jeu ! La revue "Neuron" a publié dans ses pages les résultats d'une importante recherche sur le sujet. Les réponses neurologiques accompagnant l'anticipation l'anticipation et l'expérience de gains et de pertes monétaires ont été imagées par résonance magnétique. L'étude comptait une phase initiale (anticipation) lors de laquelle 3 montants d'argent étaient présentés et une phase de résultats lors de laquelle un montant était octroyé.

Les données hémodynamiques dans le SLEA (subtenticular extended amygdala) et le gyrus orbital ont présenté une augmentation des réponses neurologiques proportionnels aux montants  attendus. (Régions touchées: nucleus, SLEA et hypothalamus) Ce sont les même zones et régions du cerveau qui sont impliqués dans la consommation de cocaïne !  

Les résultats indiquent, à l'instar de ceux des études portants sur les stimulus tactiles, gustatifs et les drogues euphorisantes un réseau commun de circuits neurologiques qui sont activés avec l'attribution de certaines récompenses.

Nous pouvons supposer à la lumière de cette recherche et de d'autres... que plus l'exposition au jeu est longue et fréquentes plus le risque d'une dépendance physiologique est élevé. 

Le rôles des différents neurotransmetteurs tels l'endorphine et la dopamine semblent jouer dans cette dépendance un rôle tout aussi important  que pour la dépendance aux drogues neuro-stimulantes tel la cocaïne.     (AD)

Neuron, mai 2001 - Functional Imaging of Neural Responses to Expectancy and Experience of Monetary Gains and Losses - Hans C. Breiter, Itzhak Aharon, Daniel Kahneman, Anders Dale, and Peter Shizgal

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 DERNIÈRE MISE À JOUR 03/11/05