Communiqué de presse de l'INSPQ
Programme expérimental sur le jeu pathologique
Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), septembre 2003 Serge Chevalier, Danielle St-Laurent, Denis Allard, Chantale Audet, Catherine Geoffrion, Élisabeth Papineau ( 7 rapports)
 
Montréal, le 30 septembre 2003

Le Programme expérimental sur le jeu pathologique : évaluation des premiers mois d’implantation


Après deux ans d'implantation, le Programme expérimental sur le jeu pathologique instauré par le ministère de la Santé et des Services sociaux a fait l'objet d'une évaluation par l'Institut national de santé publique du Québec, à la demande du Ministère. Les résultats de l'évaluation sont communiqués en primeur aujourd'hui aux ressources de traitement chargées de la mise en application du programme, et cela à l'occasion d'une Journée consacrée au jeu pathologique à l'hôtel Wyndham à Montréal. Les intervenants du programme seront également invités à exprimer les aménagements qu'ils proposent pour mieux servir la population ciblée.

Essentiellement, les résultats révèlent que deux tiers (67 %) des joueurs qui se prévalent du programme expérimental sont des hommes âgés de 35 à 54 ans. Trois personnes sur quatre détiennent l'équivalent d'un diplôme secondaire ou moins. Sept joueurs inscrits au programme sur dix occupent un emploi. On apprend également que la plupart des jeux auxquels s'adonnent les joueurs en traitement sont les appareils électroniques et que parmi les joueurs admis au programme, plus de 40 % ont accumulé des dettes de jeu supérieures à 10 000 $.

Aussi, plus de la moitié des joueurs inscrits au programme (52 %) ont eu des pensées suicidaires au cours de la dernière année et cette proportion grimpe à 70 % chez les joueurs en cure fermée par opposition à un traitement en clinique externe. À titre de comparaison, 3,9 % des adultes de la population en général ont des pensées suicidaires.

Le programme expérimental permet aux joueurs de recevoir un traitement de manière individuelle ou en groupe, que ce soit en externe ou à l'interne. En effet, 84 % des joueurs ont été reçus en clinique externe, contre 16 % en cure fermée réservée aux cas les plus lourdement atteints. Ce sont d'ailleurs ces personnes en cure fermée qui complètent en plus grande proportion (95 %) leur thérapie alors qu'une personne sur trois en clinique externe la termine.

« Les personnes en traitement externe n'étant pas isolées de leur environnement d'obligations et de risques, il devient difficile pour elles de maintenir une motivation à poursuivre le traitement, explique Serge Chevalier, sociologue à l'Institut national de santé publique du Québec. Mais la plupart de celles qui interrompent leur traitement en externe ont complété plus de la moitié du traitement, ce qui n'est pas négligeable. On ne parle donc pas d'échec pour autant puisque rares sont les joueurs pathologiques qui réussissent du premier coup à se défaire de cette dépendance. »

En effet, les joueurs qui vont en traitement n'en sont généralement pas à leur première tentative de contrôle ou d'arrêt de leur comportement de jeu. Lorsqu'ils acceptent un traitement, c'est qu'ils sont motivés par le désir de retrouver une vie normale parce qu'ils sont habités par le désespoir, la souffrance, la honte et qu'ils ont des problèmes financiers, ou encore qu'ils subissent une pression de leur entourage.

Neuf personnes sur dix admises au programme étaient effectivement des joueurs pathologiques et la plupart de celles-ci ont été satisfaites du programme. Elles ont toutefois suggéré un certain nombre d'améliorations comme la mise en place d'un volet d'aide à la ligne téléphonique déjà existante. Elles ont également critiqué les publicités entourant les jeux de hasard et d'argent.

Les données de cette évaluation ont été récoltées de mai 2001 à octobre 2002 par une équipe de l'unité Connaissance-surveillance de l'Institut national de santé publique du Québec. Le ministère de la Santé et des Services sociaux a confié à l'Institut le soin d'évaluer plusieurs aspects du Programme expérimental sur le jeu pathologique dans les 23 organismes de traitement répartis dans quatre sites pilotes à travers le Québec. Un total de 2 030 dossiers ont été transmis à l'Institut pour cette période. L'ensemble des rapports de recherche publiés à ce jour sont disponibles en version PDF sur le site Web de l'Institut à l'adresse : www.inspq.qc.ca.

Fondé en 1998, l'Institut national de santé publique du Québec est né d'une volonté d'améliorer la coordination, le développement et la mise à profit de l'expertise de santé publique au Québec. Sa mission s'articule autour de cinq dimensions : l'information, la formation, la recherche, les services-conseils et la coopération internationale.

 

Renseignements :
Irène Langis, coordonnatrice
Unité des communications
Institut national de santé publique
(514) 597-0606, poste 4424
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