REMARQUES SUR LE TAUX DE SUCCÈS DE 86 % DU TRAITEMENT COGNITIF-BÉHAVIORAL DU PROFESSEUR ROBERT LADOUCEUR.
ÉCHANTILLON

58 joueurs.
18 refusent le traitement après l'évaluation en prétest.

Un groupe traitement de 22 sujets est constitué.
Un groupe contrôle de 18 sujets est constitué.
11 autres abandonnent pendant le traitement
8 sujets du groupe de traitement abandonnent.
3 sujets du groupe contrôle abandonnent

Les 29 restants sont donc repartis ainsi :
14 dans le groupe traitement 
15 dans le groupe contrôle

4 sujets du groupe traitement n'ont pas complété l'évaluation de suivi.
Les 9 sujets restant du groupe traitement ont été vu ou appelé lors du suivi 12 mois plus tard.

Donc : échantillon de 9 sujets.


RÉSULTATS / COMMENTAIRES

86 % = 12 joueurs sur 14 (après le traitement, mais avant le suivi) ont côté en bas d'un certain score-critère dans 3 des 5 instruments de mesure utilisés.

Scores-critère :
Un score de moins de 4 dans le DSM - III
Un score de moins de 5 au SOGS (South Oaks Gambling Screen)
Un score de 7 ou plus sur une échelle de contrôle de 10.
Un score de 7 ou plus sur une échelle perception d'efficacité personnelle sur une échelle de 10.
Un score de 3 ou moins sur une échelle de motivation (désir de jouer) de 10.

La fréquence du comportement de jeu était mesurée, mais elle n'entre pas dans le résultats de 86 % (!) Pourquoi?

- Il n'y a pas de lien clair reconnu dans la littérature entre les variables mesurés (la motivation, la perception d'efficacité personnelle ou le contrôle) et le comportement d'abstinence. Il n'y a que des liens soupçonnés, théoriques. Il n'y a pas d'études non plus qui démontre la validité des seuils choisis pour les score-critère (sauf leurs études).
- Leurs propres résultats, dans au moins une autre étude, montrent qu'il n'y a pas de lien entre l'échelle de motivation et la fréquence des comportements de jeu.
- Dans le DSM - III et le SOGS, le score-critère identifie la personne comme joueur pathologique ou non. Pas comme abstinent ou non.

La fréquence du jeu, qui a pourtant été mesurée, n'entre pas dans ce résultat. (Dans le cadre d'une approche de réduction des méfaits, il s'agirait d'une mesure davantage "valide" - i.e. mesurant bien le phénomène, la variable, à l'étude et non un autre - et donc, plus pertinente).

Petit échantillon, 14 sujets. Donc, non généralisable. Ne s'applique qu'aux joueurs ayant commencé à jouer tardivement (et donc avec des problèmes moins lourds). Les autres sujets ayant abandonné le traitement de façon significative. Possibilité que les abandons soient dus au traitement (80 %, i.e. 8 sur 11 des abandons ont eu lieu dans le groupe " traitement " vs " contrôle " 3 sur 11). (1)

-Le même traitement existe pour les adolescents. Cependant, l'accent est mis davantage sur l'apprentissage des habiletés sociales.

Référence : Sylvain, Carolinne ; Ladouceur, Robert; Boisvert Jean-Marie. (1997). Cognitive and Behavioral Treatment of Tathological Gambling : A Controlled Study. Journal of Consulting and Clinical Psychology. 65(5)

(1) La plus récente récherche de l'INSPQ (septembre 2003) semble confirmer cette remarque de madame Tassé, puisque leurs résultats confirment, eux aussi, que le taux d'abandon au traitement est anormalement élevé (AD)

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