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THÉRAPIES AUTONOMES ("SELF-THERAPY") en milieu de page

THÉRAPIE FAMILIALE 


INTERVENTION FAMILIALE STRUCTURÉE (Heineman, 1994)

BUT

  • Faire entrer au moins une (1) personne en thérapie ou dans un groupe d'aide.

POSTULATS

  • Le jeu compulsif est une " maladie familiale ".
  • Le comportement de jeu d'un membre de la famille (ou de l'entourage) affecte toutes les autres personnes. De la même façon, le rétablissement d'au moins une personne de la famille (ou l'entourage) amènera les autres (dont le joueur) à changer.
  • Ceci en brisant le silence et le " pattern " dans lequel est engagée la famille.
  • Si le joueur n'accepte pas le traitement, les autres membres de la famille sont traités quand même.

TRAITEMENT

  • Débute souvent par un appel d'un membre de la famille : prise d'informations de base sur le joueur (âge, sexe, etc.), expression par l'appelant de ses émotions, support de la part de l'intervenant. Prise d'un premier rendez-vous.
  • Si le patient désigné (le joueur) est déjà suivi par un thérapeute, voir s'il n'y a pas de contre-indications de sa part (ex : idées suicidaires, signifiant que le patient est trop fragile pour être confronté).
  • Le traitement est entrepris, avec ou sans la présence du joueur.
  • Les séances sont basées sur l'expression par écrit (sous forme de lettres) des sentiments de chaque membre de la famille.
  • Chaque membre de la famille est encouragé à participer à un groupe d'aide (GamAnon) afin de les aider à supporter la  maladie qu'est le jeu compulsif. Aussi afin de profiter de ce que peut leur apporter un tel groupe au niveau des habiletés de communication, de la confiance en eux et de la déculpabilisation, etc.
  • Si le joueur ne participe pas, des sessions de préparation sont entreprises dans le but d'amener le joueur à participer au traitement.
  • Si après quelques séances, le joueur ne veut toujours pas participer, un plan alternatif est mis en place. Un parent plus " dur " (qui ne lui parle plus depuis un certain temps à cause de ses problèmes de jeu, qui refuse de prêter de l'argent, etc.) peut être un bon porte-parole du groupe envers le joueur. Celui-ci écoutera plus attentivement quelqu'un avec qui il vit un silence depuis quelque temps.
  • Il est souhaité que le joueur participe à la quatrième séance. Le joueur doit se prononcer sur sa décision de participer au traitement après la procédure habituelle de lecture des lettres de chaque membre de la famille. Quelle que soit sa décision, la famille est invitée à poursuivre le traitement.
  • À partir du moment où le joueur participe, les modalités du traitement sont mises en place (G.A., thérapie personnelle, aide médicale, etc.).

EFFICACITÉ
  • Non-évaluée.

§ Pour d'autres traitements semblables, voir aussi Heineman, 1989 et Wildman, 1989.

 


LES JOUEURS ANONYMES ("gamblers anonymes" ou "GA")


POSTULAT

  • Le joueur doit accepter l'idée qu'il a perdu le contrôle sur son comportement de jeu.


BUTS

  • Donner du support aux joueurs qui cessent de pratiquer leurs comportements de jeu.
  • Offrir une occasion de prendre conscience et d'exprimer ses problèmes de jeu.
  • Remplir le vide laissé par l'abstinence au jeu (en terme d'activités sociales).
  • Permettre le développement de la confiance en soi, de l'honnêteté et de l'empathie envers les autres.


TRAITEMENT

  • Programme en 12 étapes, composé des mêmes éléments que le groupe des Alcooliques Anonymes (réunions, affectation d'un " parrain " disponible en tout temps, etc.), avec quelques modifications et/ou ajouts (les étapes 8 & 9 demandent de rembourser les dettes).
  • Le jeu pathologique est vu comme une maladie que l'ex joueur devra combattre pour le reste de son existence.
  • Différences principales entre GA et AA (Lesieur, 1992c)
  1. Moins d'emphase est mise sur la spiritualité et sur Dieu, avec comme conséquences une moins grande importance du " vécu ressenti " et moins de rencontres d'étape.
  2. Les rencontres durent souvent 3 ou 4 heures (plus long que les AA). Cela serait dû au narcissisme des membres ou au fait que les réunions sont des activités de remplacement au jeu, auquel le joueur consacrait beaucoup de temps. Cela peut être rebutant, particulièrement pour certaines femmes ou pour les personnes âgées.
  3. Les rencontres GA sont souvent tenus simultanément avec les rencontres GamAnon, dans des locaux séparés. Donc beaucoup de chapitres GA sont davantage orientés vers la famille que les AA. Généralement, des rencontres anniversaires sont organisées où les deux groupes (GA et GamAnon) se retrouvent. Des gens des deux groupes s'expriment alors.
  4. Existence de session de " pression thérapeutique ", tenue habituellement 1 mois après que le joueur est joint le groupe. Le nouveau venu, son épouse, les parents et ami(es) proches rencontrent 1 ou 2 membres qui sont dans le groupe GA depuis longtemps. Lors de cette rencontre de la pression est exercée par ces membres afin que le joueur découvre ses dettes cachées et créer un plan financier pour le futur.  Ces séances de pression seraient plus efficaces que le traditionnel conseillé financier.
  • Il existe moins de groupes GA que de groupe AA ou NA (narcotique anonyme). Comme une forte comorbidité est reconnu entre ses deux troubles, beaucoup de joueurs auront intérêt à aller aux AA ou aux NA en attendant la mise sur pieds d'un groupe dans leur région. Lorsqu'il y a assez de joueurs pathologiques dans un groupe AA, ces joueurs peuvent alors constituer un groupe GA.

EFFICACITÉ

  • 70 % quittent le groupe G.A. (départ ou guérison ?)
  • Des 30 % qui restent : 10 % arrêtent, 10 % s'améliorent notablement & 10 % continuent d'aller aux réunions, mais sans grand bénéfice.
  • Donc : abstinence sur 1 an de 8 % ; sur 2 ans : 7 %.
  • Ceux qui restent : 1) sont à un stage plus avancé ; 2) sont ceux qui n'ont pas de ressources suffisantes en dehors de ce groupe ; 3) veulent cesser complètement.
  • Même si le modèle médical (le jeu considéré comme une maladie) prôné par les GA est contesté, son utilité en tant que groupe de support demeure.

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