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le joueur. Il apporte son expertise en ce qui concerne des domaines plus concrets tel le budget et confronte le joueur comme cela se fait dans les groupes GA, ceci tout en servant de modèle de réussite au joueur.

  • Le conseiller-pair  établit donc un lien d'identification emphatique entre le joueur pathologique et le programme de traitement clinique.


ª Le traitement appliqué au " Guidance Center for Gamblers and Their Relatives " de Vienne est un peu du même type  (Horodecki, 1992). L'équipe de professionnels (1 psychologue, 1 travailleur social et 1 psychiatre)  travaille ce concert avec les GA, (les " pairs "). Ce traitement est basé sur le " modèle de dépendance " du jeu pathologique, i.e. le jeu est conçu comme une dépendance au même titre que l'alcoolisme ou la toxicomanie.

LE TRAITEMENT DE DÉSENSIBILISATION ET REPROGRAMMATION PAR MOUVEMENT DE L'OEIL (Eye Movement Desentization/Reprocessing : EMDR) (Henry, 1996)
Postulats

  • Le jeu pathologique est vu comme un désordre de l'impulsivité complexe impliquant une interaction entre des processus sociologiques, biologiques et psychologiques.
  • Ce traitement se base sur le concept du Syndrome de Stress Post-Traumatique (SSPT). Il s'agit d'un désordre de l'anxiété qui se manifeste par une série de symptômes, en particulier le fait de " revivre " et revoir sans arrêt l'événement traumatisant. Ces symptômes se produisant suite à un traumatisme tels un accident, une catastrophe naturelle, un viol, etc. ou à une situation traumatisante chronique (ex : violence familiale).
  • Dans plusieurs cas de jeu pathologique, les symptômes vécus par le joueur pathologique pourraient refléter l'existence d'un trauma anxiogène non résolu dont la forme la plus achevée est le SSPT. Un lien spécifique a été observé entre le jeu pathologique et l'existence d'un trauma chez le joueur.
  • L'anxiété générée par un trauma entraîne une augmentation du niveau d'activation du système noradrénergique (NE). Cette réaction physiologique est utile pour empêcher l'individu de s'habituer aux événements provoquant de l'anxiété dans un but de survie, l'anxiété étant un puissant motivateur à l'action. La réactivation répétitive du trauma dans le SSPT ou la situation traumatique chronique peut résulter en une sensibilisation. La réponse physiologique d'anxiété est donc automatiquement activée, même en l'absence de situation de danger, sans qu'il y est traitement des informations reliées à la situation réelle à un niveau affectif, comportemental ou sensoriel.

Traitement
  • Protocole de traitement : le client se concentre sur une cible (un événement de vie ou une scène de jeu). Dans le même temps, il regarde le doigt du thérapeute qui avance et recule vers lui à raison de 1 mouvement/sec. à une distance confortable de ses yeux (distance permettant de voir le doigt en entier).
  • Cette stimulation sensorielle oblige le cerveau à " retraiter " l'information reliée à la situation de vie ou de jeu plutôt que d'y réagir de façon automatique par de l'anxiété.
  • Cette technique est utilisée en concomitance avec une thérapie individuelle (selon l'approche voulue et les besoins du client).
  • La diminution de l'anxiété aide le patient à continuer sa thérapie.


Efficacité

  • Une étude sur 22 sujets (8 femmes et 14 hommes) à démontrer que ce traitement est significativement plus efficace pour réduire la fréquence des comportements de jeu que ne l'est une thérapie standard (sans EMDR).


L'INTENTION PARADOXALE (Gerz, 1962 ; Frankl, 1967 ; Victor & Krug, 1967)

  • L'être humain peut expérimenter de l'anxiété échappatoire. Celle-ci se traite par l'intention paradoxale.
  • La personne essaie de faire le plus longtemps possible ce qu'elle craint (ex. : rougir en public). Par exemple, comme dans ses conditions, - quand le comportement est accompli sans relâche, ni retenu - il n'y a plus d'anxiété face à l'anticipation de rougir, la personne ne rougit pas.
  • Pour le joueur, le traitement dure plusieurs semaines.
  • Celui-ci doit jouer tous les jours pendant 3 heures et ensuite en noter le détail (ses comportements, ses sensations, ses gains et ses pertes, etc.) dans un journal.
  • Au bout de quelques semaines, le patient n'a plus d'argent. Le thérapeute lui suggère alors de vendre quelque chose, puis de prendre un emprunt, de cesser l'utilisation de certains services comme le téléphone afin d'avoir plus d'argent, etc. Ces " conseils " du thérapeute devraient normalement susciter chez  le joueur un sentiment " d'horreur ". C'est pourquoi il ne les suivra pas et mettra ainsi un frein à son comportement de jeu compulsif.
  • L'évaluation de ce traitement est positive, mais n'a pas tellement de valeur étant donné le petit nombre de cas étudiés (1 sujet).


L'HYPNOTHERAPIE (Griffiths, 1982)

  • Se base sur la même théorie que la désensibilisation par imagination vue dans le cadre des thérapies béhaviorales.
  • Cependant, c'est par l'hypnose que l'excitation négative est abaissée ou enlevée et redirigée vers d'autres activités.
  • L'état hypnotique peut être induit par fixation des yeux, relaxation progressive ou procédure d'approfondissement (techniques classiques).
  • Il n'y a pas d'évaluation de ce traitement, car il y a trop peu de cas. Cependant, 1 cas fût publié et il s'agirait d'une réussite.

LE PARI PAR LA PENSÉE (Dowie, 1991)
  • Utilisation de paris imaginaires plutôt que monétaires.
  • Cependant, comme l'augmentation de l'investissement financier dans le jeu n'est qu'une facette du problème, le potentiel thérapeutique de cette technique est questionné.
  • Pas d'évaluation d'efficacité de publiée.

LA THÉRAPIE DU GAGNANT (Sartin, 1997)

Postulat
  • La vraie pathologie dans le jeu pathologique est de perdre de l'argent.

Buts

  • Convertir les joueurs perdants en joueurs gagnants.

Traitement

  • Montrer au joueur les habiletés nécessaires pour faire de lui un bon parieur de chevaux.
  • Ce traitement ne s'applique qu'aux courses de chevaux, puisque aucune habileté ou compétence ne peut influencer le résultat d'un jeu de hasard.
  • Ce sont des experts dans le domaine des courses de chevaux qui appliquent le " traitement ".

Efficacité

  • 62 % ont pu reprendre le jeu d'une façon saine.
  • Ce type de thérapie ne s'applique cependant pas aux joueurs ayant un problème sévère (il n'a pas traité de joueurs pathologiques, mais que des joueurs contrôlés !)
  • De plus, il ne traite en rien les problèmes relationnels reliés au fait de consacrer tout son temps au jeu. Au contraire, il " améliore " la capacité de jouer du client !
  • Ce traitement ne s'applique qu'à un seul type de jeu.
   

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