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REVUE DE PRESSE

Loto, 5000 machines illégales
Le crime organisé contrôle les vidéo-pokers

DENIS LESSARD,  journaliste au quotidien LaPresse


Le crime organisé a le contrôle d’une partie des 15,000 machines vidéo-pokers qu’on retrouve dans les bars du Québec dénonce le ministre des Finances Yves Séguin, clairement favorable à ce que ce type de divertissement soit moins facilement accessible.

M. Séguin ne pas pouvoir chiffrer le nombre des machines opérées par les milieux mafieux mais relève que dans certains cas, les employés de Loto-Québec ou de la Régie des alcools des courses et des jeux, refusent de se rendre sur les lieux pour les vérifier, pour des raisons de sécurité.

Des menaces

« Moi même quand j’ai dit que j’étais favorable à la réduction du nombre des vidéo-pokers j’ai été l’objet de menaces, d’appels anonymes » de confier le ministre dans un entretien à La Presse.

Le monde des vidéo-poker nage clairement en eau trouble. Des sources à Loto-Québec révélaient hier qu’on estimait désormais à 5,000 le nombre des machines « illégales » réapparues au Québec depuis qu’en 1996 Loto Québec avait pris le contrôle des vidéo-pokers. Ces machines se trouvent en très grande majorité sur les réserves indiennes, indique-t-on.

Les tenanciers illégaux se sont modernisés, une télécommande permet aux propriétaires de bars de transformer instantanément une machine illégale en clone de celles de Loto-Québec. Dans la Petite Italie on a retrouvé des appareils de comptoirs qui se transformaient en « pack man » ou en vidéo-poker en un clic de manette.

Le ministre Yves Séguin avoue regarder avec intérêt la requête de responsables des quatre hippodrome au Québec qui revendiquent qu’on concentre davantage les machines vidéo-pokers dans leurs emplacements, créant des mini-casinos ou le pari serait moins accessible qu’au bar du coin. Que ce soit en réduisant le nombre d’appareils ou en les rendants moins accessibles, les Québécois joueront moins, promet le ministre, disposé à encaisser les baisses de revenus que cela représente. Dans ce dossier la question du « coût social » doit aussi entrer en ligne de compte, insiste-t-il.

Cette solution, en faveur des hippodromes, ferait aussi l’affaire du sénateur Jean Lapointe, parti en croisade contre les appareils à sous, observe le ministre Séguin.

Loto Québec a actuellement 14,300 machines vidéo-poker dans 3,700 sites à travers le Québec, des équipements qui font entrer pas moins de 700 millions $ annuellement dans les coffres. La nouvelle administration d’Alain Cousineau doit faire des propositions de réduction de l’offre de jeu dans plan d’affaire qui devrait être soumis en février au ministre Séguin.

Ce texte a été publié originalement dans le journal LaPresse du 13 janvier 2004, cahier A7. Il est reproduit avec l'aimable autorisation de son auteur

 

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